Déclaration FO au CST central du 12 juin 2025
Syndicat Force Ouvrière des Personnels de la Ville
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Rapport Social Unique 2024 Déclaration liminaire
Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs,
Le RSU qui nous est présenté est une mine d’informations ! Nous notons la richesse du document,
Nous sommes conscients du volume de travail nécessaire en amont pour aboutir à ce résultat et nous saluons le travail des agent.es de la DRH comme des services RH des directions qui ont contribué à alimenter la base de données sociales. Nous remercions chacun de ces agents.
Sur les effectifs : on constate une augmentation du nombre de fonctionnaires grâce particulièrement au recrutement de 463 agents pour la DPMP mais dans le même temps on déplore une réduction d’effectifs dans plusieurs directions et particulièrement 169 agents à la DFPE, alors que le besoin en personnels se fait sentir tous les jours dans cette direction. Avec toujours plus de contractuels en CDD et particulièrement les femmes qui sont surreprésentés.
Par ailleurs, nous ne retrouvons pas le taux de vacances de postes, mais si nous prenons le chiffre de 55408 en effectifs budgétaires pour 2024 et 52114 en ETP réels, nous pouvons supposer qu’il y a un taux de vacance de 6%. Certes, cela baisse, mais le taux est encore trop important.
Sur la rémunération : Il y a eu une augmentation brute mensuelle des agents permanents à temps plein de + 4.9% mais si l’on retire l’inflation 2.3% et les primes JO (très inégalement attribuée) et qui ne sont par définition pas pérennes, il ne reste pas grand-chose.
Contrairement aux 10 rémunérations les plus élevées, qui bénéficient d’une évolution nettement plus favorable : après avoir progressées entre 2022 et 2023 de 14,36%, elles progressent à nouveau en 2024 de +2,1 %, passant de 15169 euros en 2023 à 15495 euros de moyenne en 2024. Ces évolutions asymétriques se traduisent par un creusement des inégalités salariales.
Comment pensez-vous que des agents puissent vivre dignement en gagnant moins de 28 000€ bruts par an, primes incluses, soit moins de 1900 € nets avant impôts par mois !?
Selon les données de l’INSEE de 2022, le salaire moyen en Île-de-France est de 3300 euros nets. Cela signifie que 9 agents de la collectivité sur 10 perçoivent un salaire inférieur.
Ce chiffre est une moyenne qui cache par un effet de lissage des situations salariales bien plus difficiles.
Par ailleurs, nous constatons également les éléments suivants :
- Une augmentation inquiétante du nombre de dossiers soumis à la commission de réforme devenue conseil médical siégeant en formation plénière : 430 en 2020, 666 en 2024 (+95% sur la période). Cela soulève la question de complexité de la tâche des représentant syndicaux ainsi que la charge qui en découle.
- Une augmentation significative des maladies professionnelles : 99 en 2020, 291 en 2024, soit une augmentation de 293% sur la période.
- Des souffrances au travail : 251 signalements de souffrance au travail ont été enregistrés au SAM en 2024, souvent liés à un encadrement défaillant que les directions ne veulent pas voir.
- Une baisse continue du nombre de visites médicales : 16206 en 2021 et 11420 en 2024, soit 30 % sur la période. Conséquence : peu de visites d’embauche, même sur des métiers pénibles, peu de visites médicales périodiques, pas de validation de l’ASES ou du CASES…
Notons au passage qu’Il est évident que ces services, y compris la médecine statutaire, sont sous-dimensionnés.
Nous notons enfin qu’il n’y a eu que 2 agents sur 4040 en 2024 bénéficiaires de l’obligation d’emploi qui ont obtenu un détachement dans un cadre d’emplois de niveau supérieur ou de catégorie supérieure.
L’ensemble de ces éléments témoignent de la dégradation des conditions de travail et nous tenons à attirer votre attention sur les conséquences d’une attitude de l’administration qui consisterait à ne pas tenir compte de ces chiffres qui sonnent comme autant d’alertes.
Le disciplinaire :
Nous constatons un haut niveau de sanctions disciplinaires, cela ne nous étonne pas.
Lorsqu’on observe qu’il existe des formations intitulées ‘Manager en ayant recours à la sanction disciplinaire’ ou des demandes de sanctions à la DPMP après qu’une voiture ait été rayée…
Par ailleurs, nous souhaiterions avoir les chiffres sur les ETF ainsi que le nombre d’agents ayant eu une exclusion temporaire.
Les œuvres sociales :
Comment l’AGOSPAP peut-elle proposer des contenus attractifs avec un financement de 10 euros par agents et par mois ?
Comment l’ASPP pourrait-elle améliorer le contenu des assiettes alors que la subvention stagne ?
En conclusion, nous ne pouvons donner quitus au RSU, avec des suppressions de postes dans certaines directions, des rémunérations peu attractives et des conditions de travail dégradées…
Cependant, il doit être le support pour améliorer les conditions de travail : égalité professionnelle femmes/hommes, lutte contre la précarité, action sociale…
A quand de vraies négociations
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