Madame la Présidente, Monsieur le Directeur, chers collègues,
Force Ouvrière souhaite aujourd’hui porter à votre connaissance la réalité vécue par les agent·e·s et les enfants dans les établissements de la petite enfance durant cet épisode caniculaire.
Depuis plusieurs jours, nous alertons la Direction sur les conséquences des fortes chaleurs dans les crèches. Malheureusement, les remontées que nous recevons démontrent que les mesures mises en œuvre sont insuffisantes et parfois totalement inadaptées à la situation.
Partout dans les établissements, les mêmes constats reviennent : températures dépassant régulièrement les 30°C, voire 34°C, 35°C, 37°C et même 38°C dans certains locaux, climatiseurs insuffisants ou en panne, dortoirs transformés en étuves, salles de pause inadaptées, enfants et professionnel·les épuisés.
- À Gambetta, une seule climatisation fonctionne pour toute la crèche tandis que l’autre est en panne. Les températures dépassent les 30°C dans les sections et les équipes doivent se relayer dans une unique salle dite « fraîche ».
- À Bolivar, les sections et la cuisine dépassent les 30°C.
- À Joseph-de-Maistre, 34°C ont été relevés dans les sections et en cuisine. Une collègue a été victime d’un malaise lié à la chaleur.
- À Joseph-Kosma, malgré climatiseurs et ventilateurs, les sections restent surchauffées et les conditions d’accueil sont jugées intolérables.
- À Chanzy, certaines sections sont privées de climatisation en raison des capacités électriques du bâtiment. Les températures atteignent 33,5°C dès le matin. Des malaises, des accidents de travail et des arrêts maladie liés à la chaleur ont été constatés.
- Aux Amiraux, trois climatiseurs seulement sont disponibles pour l’ensemble de la structure. Sur huit salles, seules deux sont climatisées. Les dortoirs atteignent 30°C et deux accidents de travail ont déjà été recensés durant cet épisode caniculaire.
- Au jardin St Paul, Malgré la climatisation, les températures relevées atteignent 27,9°C chez les bébés, 29°C chez les grands, 30°C dans les dortoirs, 30°C dans la salle de pause équipée d’un simple ventilateur.
- À Montgallet, malgré deux climatiseurs, les dortoirs atteignent 32°C. Les bébés ont dû dormir dans les salles de vie car les dortoirs étaient inhabitables. La salle de pause atteint 33°C avec un simple ventilateur.
- À Gustave-Joffroy, un seul climatiseur est partagé entre trois salles et les bébés font la sieste avec un simple ventilateur.
- À Victor-Macé, un unique climatiseur doit rafraîchir quatre espaces distincts. Malgré les portes ouvertes, la température reste autour de 30°C.
- À Lafayette, malgré la présence de climatiseurs et de ventilateurs, des températures atteignant 37°C sont signalées.
- À Delessert, la température a atteint 38°C à l’étage. Les enfants ont dû être déplacés, certaines salles étant devenues inutilisables. La salle de pause ne dispose ni de fenêtre ni de ventilation adaptée. Plusieurs collègues étaient absents en raison des fortes chaleurs et les effectifs réduits ont encore aggravé les conditions de travail.
- À la halte-garderie Curial, depuis le lundi 22 juin 2026, les températures relevées dès 8h30 dans les espaces accueillant les enfants sont particulièrement alarmantes. Les thermomètres affichent entre 32°C et 35°C dans la salle jaune, la salle rose, le dortoir ainsi que la salle d’activités. Le bureau de la responsable atteint également 35°C. Ces températures sont constatées dès le début de la matinée et rendent extrêmement difficiles les conditions d’accueil des enfants et les conditions de travail des agent·e·s.
La liste est longue et nous ne pouvons toutes les citer.
Dans plusieurs établissements, des sections ont dû être fermées, des groupes d’enfants mélangés, des dortoirs abandonnés faute de conditions acceptables et les équipes contraintes d’improviser des solutions de fortune pour tenter de protéger les enfants.
Face à ces situations, les réponses apportées par l’administration apparaissent largement insuffisantes. Faire tourner les sections dans les rares salles climatisées, utiliser les salles d’eau, installer des couvertures de survie sur les vitres ou demander aux équipes de s’adapter ne constitue pas une réponse à la hauteur des risques encourus.
Nous parlons ici de santé et de sécurité au travail.
Nous parlons d’enfants accueillis dans des locaux où les températures dépassent parfois les seuils admis dans de nombreux secteurs professionnels.
Nous parlons d’agents qui travaillent dans des cuisines à plus de 30°C, qui prennent leurs pauses dans des locaux surchauffés, qui terminent leurs journées épuisées, parfois victimes de malaises ou d’accidents de travail.
Nous parlons de la Ville de Paris !!!!
Force Ouvrière refuse que ces situations deviennent la norme.
Force Ouvrière refuse que les agent·e·s soient contraints de choisir quels enfants auront accès aux rares espaces rafraîchis.
Force Ouvrière refuse que l’administration continue à se satisfaire de solutions temporaires alors que les épisodes caniculaires deviennent récurrents.
Nous demandons à la DFPE de prendre immédiatement la mesure de la situation et de mettre en œuvre des réponses concrètes, adaptées et durables afin de garantir la santé et la sécurité des agent·es comme des enfants.
- Des équipements adaptés et en nombre suffisant dans toutes les sections ;
- Des solutions spécifiques pour les cuisines et les locaux les plus exposés ;
- Des mesures de prévention claires pour protéger les enfants et les agents ;
- Une réponse concrète, à la hauteur des risques liés aux fortes chaleurs.
- Un plan massif d’investissement pour l’isolation et la climatisation pérenne de toutes les crèches
Les remontées continuent d’affluer au fur et à mesure de cet épisode caniculaire. Elles confirment que les difficultés ne concernent pas quelques établissements isolés mais une part importante des crèches parisiennes. Les températures relevées, parfois supérieures à 35°C et atteignant jusqu’à 38°C dans certains locaux, témoignent d’une situation exceptionnelle qui appelle des mesures exceptionnelles.
Les témoignages transmis aujourd’hui démontrent une situation généralisée, préoccupante et désormais critique pour la santé des enfants comme des professionnel·le·s.
La santé des enfants et celle des agent·e·s ne peuvent plus attendre.
Nous refusons que les épisodes caniculaires deviennent une fatalité à laquelle les personnels devraient simplement s’adapter.
Les remontées du terrain sont claires : la situation est critique et nécessite des décisions immédiates.
Voilà pourquoi nous boycottons cette instance.
Je vous remercie.
