La rémunération
L’ASPHYXIE SALARIALE COMME ARME DE DESTRUCTION DU SERVICE PUBLIC
Le Statut de la Fonction Publique a été bâti pour garantir l’égalité des citoyens et la dignité des agents par le Conseil National de la Résistance. Aujourd’hui, l’État orchestre le démantèlement méthodique de cet acquis historique en utilisant une arme aussi insidieuse que destructrice : l’asphyxie salariale.
LE GEL DES SALAIRES : L’ARME DE L’AFFAIBLISSEMENT
Au 1er juin 2026, le SMIC augmentera enfin, un peu, de 2,41 %. Pour la Fonction Publique ? Rien n’est prévu.
Subir l’explosion du coût de la vie, à Paris plus encore qu’ailleurs, est déjà une épreuve. Mais condamner des agents indispensables au bien commun, qui assument des responsabilités, des horaires décalés ou des travaux pénibles à vivre avec le strict minimum légal dépasse la simple injustice. Le maintien de salaires anormalement bas dans la Fonction Publique obéit à une stratégie politique assumée par l’État et la collectivité pour nous épuiser et nous décourager.
En refusant de revaloriser nos traitements, l’État organise sciemment la perte d’attractivité de nos métiers. La conséquence est connue : la fuite des personnels et la crise des recrutements. Moins il y a d’agents, plus le service public se dégrade et devient défaillant. L’objectif final de cette spirale destructrice est simple : utiliser cette défaillance, qu’ils ont eux-mêmes organisée, comme argument pour justifier la privatisation de nos services au profit d’intérêts privés.
LA VÉRITÉ DES CHIFFRES : L’ÉCRASEMENT ORGANISÉ DES GRILLES
Cette politique de dévalorisation se lit dans nos fiches de paie. Les grilles indiciaires sont délibérément écrasées, au point que des échelons entiers sont rattrapés par le minimum légal :
Catégorie C : Plusieurs premiers échelons se retrouvent sous le seuil du SMIC, nécessitant une indemnité compensatrice pour atteindre le minimum légal.
Catégorie B : Certains débuts de carrière se situent à peine au-dessus du salaire minimum, niant de fait la technicité et l’expertise exigées.
Début de catégorie A : Malgré les diplômes, les concours et le niveau de responsabilité, l’écart avec le SMIC se réduit parfois à quelques dizaines d’euros.
Passer un concours, assumer des responsabilités, travailler dans des conditions difficiles pour gagner presque le SMIC ?
Pour FO, c’est non.
DES MÉTIERS ESSENTIELS QUI EXIGENT DE LA CONSIDÉRATION
Derrière ces chiffres, ce sont des femmes et des hommes qui maintiennent à bout de bras un service public qu’on cherche à épuiser :
ATSEM, ASEM, agents de crèche : Une charge de travail grandissante pour une reconnaissance qui fait défaut.
Éboueurs, égoutiers, propreté, espaces verts : Des métiers pénibles et exposés, dont les salaires sont tirés vers le bas.
Administratifs, accueil, état civil, restauration scolaire : Toujours plus de missions avec moins de moyens, sans reconnaissance salariale.
Animateurs, personnels techniques, sportifs et culturels : Des responsabilités accrues qui appellent une revalorisation digne.
NOTRE DÉTERMINATION : LES REVENDICATIONS DE FO
Fidèle à l’esprit de solidarité et de justice du CNR, FO refuse la privatisation silencieuse de la Fonction Publique. Nous portons avec une détermination calme, mais inébranlable, les revendications suivantes :
- L’attribution immédiate de +10 points d’indice pour tous les agents.
- Une augmentation générale de la valeur du point d’indice.
- La revalorisation complète des grilles des catégories C, B et A.
- La fin de l’écrasement de nos carrières par le SMIC.
- Une rémunération réellement adaptée au coût de la vie à Paris.
- La reconnaissance effective des qualifications, des concours et des pénibilités.
Nous faisons tourner le service public au quotidien. Le défendre, c’est exiger des salaires dignes pour ceux qui le font vivre.