DECLARATION DU SYNDICAT FORCE OUVRIERE
Madame la Présidente, Mr le Directeur, Mesdames, Messieurs, cher(e)s collègues,
Aujourd’hui, Force Ouvrière prend la parole avec une conviction simple : on ne peut pas demander à un service public d’être solide lorsque les équipes qui le portent sont constamment en surcharge. Et c’est pourtant ce que vivent chaque jour les agents de la Petite Enfance. Quand les absences ne sont pas remplacées, quand la charge de travail augmente sans renfort, quand les établissements traversent des situations de tension qui durent depuis trop longtemps, les agents continuent à tenir pour les enfants, toujours mais à quel prix pour leur santé et leur équilibre ?
Ce modèle n’est plus tenable, et Force Ouvrière le dit clairement : il faut un tournant.
Nous n’attendons pas de promesses lointaines, mais une prévention réelle, visible, mesurable.
Chaque risque identifié doit entraîner une action concrète. Chaque alerte doit recevoir un retour. Chaque Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels (DUERP) doit devenir un outil actif, pas un document en sommeil.
Les équipes ont besoin de réponses adaptées : des études de poste rapides, une organisation stabilisée et surtout une vision du terrain qui tienne compte des situations réelles dans les crèches.
Et à cela s’ajoute un problème majeur : LA FORMATION.
Dans trop d’établissements, des agents motivés et prêts à s’investir sont intégrés sans accompagnement suffisant. Et le manque de formation, au lieu d’être compensé par un dispositif structuré, repose sur les collègues expérimentés, qui doivent à la fois gérer le groupe, transmettre les pratiques professionnelles, sécuriser les situations et absorber la surcharge opérationnelle.
Ce système use tout le monde : il alourdit la journée des équipes, il crée une pression supplémentaire sur les responsables, contraintes de former en même temps qu’elles gèrent l’administratif, les urgences, les familles et il fragilise les agents-piliers, ceux sur qui l’organisation repose silencieusement. Si ces piliers s’épuisent, ce sont les établissements qui vacillent.
Force Ouvrière demande donc un plan structuré : du temps dédié à la formation, des renforts temporaires lors des intégrations, un accompagnement qualifié, et une reconnaissance claire du rôle de tuteur, pour que la transmission ne repose plus sur la bonne volonté mais sur une organisation solide.
Parce qu’on ne peut pas demander aux agents d’être solides si tout l’environnement autour d’eux reste instable.
Force Ouvrière restera déterminée et exigeante : pour des agents protégés, pour des équipes soutenues, pour un service public digne, cohérent et profondément humain. Merci.
