BIBLIOTHEQUES : NON AU PLAN LIRE A PARIS 2

Primes au rabais, horaires en hausse, budgets en baisse, recrutements gelés, menaces sur la musique…

Après avoir donné l’apparence de la concertation via la mise en place de groupes de travail pour le Plan Lire à Paris 2, le SBL entend le mettre en œuvre au plus vite malgré l’opposition massive des agent.es.

Tout indique même de nouveaux passages en force confirmant la gestion opaque, verticale et autoritaire, la politique du fait accompli du Service des Bibliothèques et de la Lecture (SBL) et de la Direction des affaires culturelles (DAC) à l’œuvre depuis plusieurs années.

Amplitudes horaires en hausse, avec des effectifs en baisse

Dans le PLAP2, l’administration affichait sa volonté d’aligner les heures d’ouverture et de fermeture et donc d’étendre les horaires entre bibliothèques et sections : 13h-19h les mardis, jeudis et vendredis, 10h-19h les mercredis et samedis, et 13h-19h pour les bibliothèques ouvertes le dimanche.

A l’occasion de leurs entretiens d’évaluation et des indications données pour les futurs projets d’établissement, le SBL fixerait comme objectif annuel aux chef.fes d’établissement d’augmenter les horaires à échéance de septembre 2026.

Pas de création de postes, gel des recrutements en détachement et des passerelles, pas de concours ASBM avant 2027 et le prochain recrutement sans concours d’AASM n’aura lieu que fin 2026 ! Davantage d’agents quittent le réseau (retraite, détachement) que d’agents y entrent.

Pour gérer le manque de personnel, les injonctions à aller remplacer en urgence dans d’autres bibliothèques se multiplient. Et en l’absence d’effectifs suffisants, les pressions sur les petites bibliothèques s’intensifient (injonctions faites à des chef.fes d’établissement à refuser des formations, des congés, à sacrifier de l’action culturelle…). Tout cela confirme la volonté de fusionner administrativement les petits établissements dans des plus grands, sur le modèle Musset-Tillion : une seule équipe de direction, une seule équipe, pour un travail sur 2 sites.

Nouvelle baisse et réorientation des budgets ! Un « bonus » pour les établissements qui font du chiffre et les chefs « loyaux » ?

En 2025 les budgets d’acquisition étaient déjà en baisse de 20%. Tout laisse penser qu’une nouvelle baisse va s’y ajouter.

Et dans le PLAP2, l’administration demande le passage de 30 à 45 % du budget destiné au public jeunesse. Les chef.fes d’établissement y sont incités via leurs objectifs annuels et les projets d’établissements.

La répartition des budgets d’acquisition entre établissement seront répartis selon des critères comme : le taux de rotation, l’amplitude horaire, la fréquentation…ou les « projets ». En partie variables, et décidés par le SBL, ces budgets risquent de devenir dépendants des « efforts » consentis par les établissements pour obéir à ses injonctions (amplitudes horaires, réorientation interne des budgets…).

La politique du chiffre est contradictoire avec les missions de lecture publique de défense de la richesse et de la diversité culturelle. Nous devons refuser ces logiques de rentabilité commerciale, pour pouvoir continuer à promouvoir l’édition et la création indépendantes…

Collections musique (et cinéma), une destruction à bas bruits

L’administration continue à entretenir l’opacité et le flou.

Les contraintes budgétaires déjà existantes et de plus en plus fortes contraignent de plus en plus les équipes à sacrifier les budgets des collections Musique et Cinéma, et à redéployer les postes dédiés.

Sans le dire, l’administration souhaite contraindre les équipes à sacrifier peu à peu ces collections.

Un régime indemnitaire toujours au plus bas (à Paris où tout est plus cher)

Alors qu’en 2024 l’administration reconnaissait « un décrochage » du régime indemnitaire (primes) de la filière culturelle en particulier pour les bibliothécaires, et promettait un diagnostic de la DRH, aucune proposition n’a suivi. En juin dernier, l’administration renvoyait d’éventuelles avancées aux discussions en cours à la Ville sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, qui n’en finissent pas d’en finir…

La filière culturelle et en particulier les personnels des bibliothèques du réseau parisien sont lésés par rapport aux autres fonctions publiques (d’Etat et territoriale), d’autant plus que le coût de la vie en région parisienne est plus élevé qu’ailleurs (+40% pour les loyers, +15% pour l’alimentation, + 14% pour les transports en commun). Les bibliothécaires sont également lésé.es par rapport à de nombreuses catégories d’autres filières de la Ville.

Réunis en Assemblée générale le jeudi 6 novembre 2025, et avec le soutien des syndicats SUPAP-FSU, CGT et FO, les personnels demandent :

  • La revalorisation immédiate du régime indemnitaire (CIA/IFSE) des bibliothécaires (promis depuis des années) et de la prime du dimanche
  • Une augmentation de budget consacré à la jeunesse qui ne se fasse pas au détriment de ceux consacrés aux autres sections/missions
  • Un moratoire sur l’augmentation des amplitudes horaires
  • Le dégel des recrutements externes et des créations de postes  pour garantir la continuité et la qualité du service public et de l’ensemble de nos missions
  • Pour le maintien des espaces musique et cinéma, la gratuité de tous les supports, le prêt de lecteurs de CD / DVD, et d’instruments de musique, des moyens humains et financiers pour une offre ambitieuse et novatrice

Face au flou entretenu par la direction et leur volonté de pousser les directives par établissement, ne les laissons pas nous attaquer établissement par établissement / nous diviser et luttons collectivement !